Paris
Réalisé par Cédric Klapisch Avec : Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, etc... Comédie dramatique française, Sortie le 20 février 2008, 2h10
Synopsis - C'est l'histoire d'un Parisien qui est malade et qui se demande
s'il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous
les gens qu'il croise. Le fait d'envisager la mort met soudainement en
valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville toute entière. Des
maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un
architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin
camerounais... Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis
dans cette ville et dans ce film. Vous pouvez penser qu'ils ne sont
pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique.
Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour
eux, ce sont les plus importants du monde.
Critique - Je suis un adepte de la filmographie de Cédric Klapisch. Des films à la fois généreux et simples sur la vie de tous les jours. Trop simples pour certains qui ne les considèrent que comme de vulgaires téléfilms bas de gamme. Trop naïfs. "Klapisch, ce n'est pas du cinéma" disaient certains enseignants de fac. Aujourd'hui encore je cherche le fondement d'une telle réflexion. Qu'on aime ou pas, il ne mérite pas une approche aussi tranchée et cruelle et jusqu'à preuve du contraire... c'est du cinéma. Cédric Klapisch se lance avec Paris dans un genre peu prisé en France et difficile à mettre en place dramaturgiquement : le film choral. Qui dit choral, dit casting et celui-ci est incontestablement quatre étoiles. Si on ne devait retenir qu'une seule performance, je penserais à Juliette Binoche qu'on n'avait pas vue aussi épanouie dans son jeu depuis longtemps. Elle y est magnifique. Tout repose sur l'attachement que l'on éprouve pour cette galerie de personnages éclectiques. Karine Viard est irrésistible en boulangère raciste, on en a tous croisé une comme ça au moins une fois dans sa vie. Pour ce qui est du film dans son ensemble c'est exactement ce que la bande-annonce laissait présagé : questions existentielles sur la vie, la mort et l'amour, thème cher à l'auteur. Même si Klapisch filme vraiment les quatre coins de Paris, même et surtout les plus clichés, il parvient à restitué l'atmosphère si particulière de cette ville. J'avais l'impression d'être de retour en amphi lors des scènes de Luchini à la Sorbonne. Il parvient à capter à restituer tellement d'émotions qui me paraissent indescriptibles que ça en devient vertigineux et ne peux que toucher le public. On aime entendre parler de soit-même et c'est un peu ce que Klapisch fait après tout. Alors effectivement la réalisation ne casse pas des briques mais c'est le genre de film qui fait tellement de bien parfois, et on en fait si peu en France. Paris n'est pas son meilleur film, on est loin du niveau de L'Auberge espagnole, le récit est un peu fouilli et au final on a l'impression d'assister à l'assemblage parfois maladroit de plusieurs courts-métrages. Les liaisons et les passages d'un segment à l'autre sont quelque peu déroutant. On aurait envie que ces différentes vies, avec leurs petits tracas ou leurs drames s'entrechoquent davantage. Le film donne dans une autre mesure : on passe à coté de la vie des autres, sans y faire vraiment attention. La solitude au milieu de la foule. Dans l'ensemble on passe quand même un très agréable moment, certains aimeront, d'autres détesteront, quoi de plus normal que de parler de la vie pour aborder la mort? J'adore les films qui se posent autant de questions que moi, juste sur le bien être de soit et la place qu'on doit se trouver dans vie et surtout dans celle des autres. Enfin Klapisch résume parfaitement bien Paris en une phrase, la dernière du film que je vous laisse découvrir...